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Diffusion des innovations du PPAAO-Bénin :le « cuiseur à vapeur d’ablo » séduit les productrices

Diffusion des innovations du PPAAO-Bénin :le « cuiseur à vapeur d’ablo » séduit les productrices

Innové sous la coupole du Projet de productivité agricole en Afrique de l’ouest (PPAAO-Bénin), le «cuiseur à vapeur d’ablo» amorce sa phase de vulgarisation. Après environ cinq mois d’expérimentation auprès de quelques productrices d’ablo, l’équipement a été présenté, du 24 au 26 février 2016, à la grande masse de productrices et aux consommateurs à Porto-Novo, Comè puis Cotonou. La tournée a été marquée par des séances de démonstration grand public et de dégustation. 

Sonagnon ADAM

Partout, le « cuiseur à vapeur d’ablo » a été accueilli comme un équipement révolutionnaire. Productrices d’ablo et populations se sont chaque fois mobilisées pour découvrir la nouveauté. Le dispositif est composé d’un fourneau muni d’un tuyau métallique d’évacuation de la fumée. Il est équipé d’une marmite contenant de l’eau pour la cuisson. Sur cette marmite sont disposés six plateaux perforés et surmonté d’un couvercle. Rien que sa présentation constitue une attraction pour la population.

A ce jour, le matériel a trois ambassadrices. La principale, Constance Akakpo, la toute première à l’avoir expérimenté, est productrice d’ablo à Porto-Novo. Son hangar est installé à Akonaboè, face à la pharmacie de l’Unité. Elle exerce cette activité dans la Capitale depuis plus de trente cinq ans. « Au début de mon installation à Porto-Novo, j’utilisais jusqu’à quatre feux de 1200F boulettes par plateau. Mais cela ne suffisait pas pour assurer la demande de ma clientèle » raconte-t-elle. Les clients ont fini par la surnommer « Adodjiété »  c’est-à-dire, « C’est au feu ». Mais « j’ai continué sans désemparer jusqu’au jour où des chercheurs de l’Institut national de recherche agricole du Bénin (INRAB) m’apportent le « cuiseur à vapeur d’ablo pour essaie » a-t-elle précisé. Au regard de la peine que « je subissais, j’ai aussitôt cru en l’efficacité de l’équipement et l’ai pris au sérieux. Depuis, il n’est que soulagement et bonheur » lance fièrement Constance Akakpo en face de ses paires.

En véritable connaisseuse du « cuiseur à vapeur d’ablo », elle en raconte les performances et subtilités à ses congénères. Désormais, il n’y a plus de clients en attente et ses commandes sont livrées à temps avec moins de tracas. « Si la clientèle est au pic, il me suffit d’y associer, une deux ou trois anciens fourneaux et c’est réglé ». Tellement satisfaite de l’efficacité du cuiseur à vapeur d’ablo, Constance Akakpo en a fait une commande pour compléter celui mis à sa disposition par l’INRAB et le PPAAO-Bénin.

Soulager les peines des femmes

Le « cuiseur à vapeur d’ablo » est une innovation de l’Institut de recherche agricole du Bénin (INRAB). Toutefois, c’est le PPAAO-Bénin qui a financé tous les travaux qui ont conduit à la mise au point de cette technologie a déclaré Paul Houssou, auteur de l’innovation. Cet équipement est la matérialisation de la mission que s’est assignée le projet, à savoir 'améliorer la productivité agricole' à travers cinq filières. Il s’agit du maïs, du riz, de l’ananas, de l’anacarde et du poisson.

Par ailleurs, le PPAAO-Bénin s’est fixé pour objectif, à terme, de couvrir 40% de femmes au nombre de ses bénéficiaires. L’avènement du cuiseur à vapeur d’ablo vise donc à réduire la pénibilité du travail des femmes a indiqué Virginie Miguel Assogba, chef Projet de productivité agricole en Afrique de l’ouest (PPAAO-Bénin).

A Comè, la démonstration s’est déroulée au bord du marché, en face de la route Comè-Akodéha. A Cotonou, c’est une partie de la voie menant à Guinkomè, en face de l’Eglise St Michel, qui a été occupée.

Avec le cuiseur à vapeur d’ablo, finies les attentes chez 'ablonon', finies les nuits blanches auxquelles vous contraint une grande commande a indiqué Pierre Akondé, chef de la délégation à l’étape de Comè. « Vous gagnez non seulement de la clientèle mais également vous la fidélisez » a-t-il poursuivi. En tête de la délégation de Porto-Novo, Sofiath Osséni, chef Cellule de communication ProCAD (regroupant le PPAAO-Bénin et le PADA), a annoncé que l’équipement permet de préparer 300 boulettes d’ablo en 20 minutes. Or,  la méthode traditionnelle ne permet d’en cuir que 45 à 60. Le même message a été repris, avec démonstration à l’appui, à toutes les étapes. Malgré l’insistance des productrices, les responsables du PPAAO-Bénin se sont gardés d’annoncer le prix de vente du matériel. Mais, ils ont assuré que le PPAAO se prépare à en subventionner l’achat. Pierre Akondé a alors convié les vendeuses d’ablo présentes aux séances de démonstration à porter l’information à leurs congénères. 

Paroles de bénéficiaires 

Constance Akakpo, Porto-Novo

« Je suis très satisfaite du cuiseur. Et je l’ai totalement adopté. »

Les avantages de l’équipement sont immenses. Avec la méthode traditionnelle, il me fallait une bâchée de bois de chauffe, soit 50 000F pour couvrir deux semaines. Mais avec le cuiseur à vapeur d’ablo, nous utilisons la même quantité de fagot pendant au moins un mois et demi. En outre, je reçois régulièrement des commandes allant de 50 à 150 000 F.Cfa. Certains concitoyens viennent du nord pour des commandes qu’ils doivent impérativement récupérer tôt le lendemain. Par le passé, même si je me réveille à 2h, il m’était impossible de livrer à temps une commande de cent mille francs. Avec le cuiseur à vapeur, il me suffit de me lever à 4h et la commande de cent mille est prête à dix heures au plus tard.

Lorsqu’il n’y a pas d’affluence, je laisse volontiers le cuiseur au repos. Sinon, nous choisissons de n’aligner que deux ou trois plateaux au lieu des six que compte le cuiseur. Bref, ce cuiseur me permet de gagner du temps et de souffler. En tout cas, je suis très fière du cuiseur à vapeur d’ablo. Je l’ai totalement adopté.

 

Julienne Lokossa, 'maman Thiburce', de Comè (Vendeuse d’ablo depuis environ 25 ans). 

« Avec la méthode traditionnelle, nous utilisions énormément de fagot, la fumée nous accablait. »

Ce cuiseur procure plus de repos et de facilité. Avec la méthode traditionnelle, nous utilisions énormément de fagot, la fumée nous accablait. Mais avec la nouvelle méthode, il suffit de mettre les boulettes au feu et de se mettre de côté pour attendre la cuisson. J’invite mes pairs à venir découvrir le cuiseur et à l’acquérir pour en jouir aussi.

 

Catherine Ahonon, non loin de l’Eglise St Michel (Cotonou) 

« Prière nous proposer des modalités préférentielles d’acquisition »

C’est un bonheur que vous nous apportez à travers le cuiseur à vapeur d’ablo. Avec l’ancienne méthode, nous faisions constamment face aux insultes et récriminations des clients. Prière, à présent, nous proposer des modalités préférentielles d’acquisition, au grand bonheur de nos clients et nous.

 

 

Ils ont dit… 

Pascaline Gbèwèdo, Productrice d’ablo à Porto-Novo

Nous découvrons qu’avec ce nouveau dispositif, la quantité de fagot nécessaire pour préparer 1500F d’ablo suffit pour cuir 8000F d’ablo, en une même période de temps. C’est fabuleux ! Nous en sommes très émues. Nous en remercions le projet et leur demandons de nous aider à acquérir le matériel à moindre coût.

 

Sophie Kokoyè, vendeuse d’ablo à Porto-Novo

Nous bénissons les artisans de cette œuvre. Moi, je vends à Kokoyè. En réalité, je perds trop de client. Pourtant, j’arrive à aligner entre 3000 et 3500 F de boulettes par cuisson. Les clients attendent parfois jusqu’à la cinquième voire sixième cuisson avant d’être servis. Souvent et à juste titre, ils perdent patience et s’en vont en dépit de mes propos diplomatiques. Mais avec ce que je viens de découvrir, j’ai la certitude que c’est le salut qui est arrivé. Vivement que le PPAAO trouve les approches les plus adéquates pour nous aider à acquérir l’équipement dans la mesure de nos moyens.

 

Landry Amètokpo, neveu et aide de 'maman Thiburce' (Comè)

Nous souffrions énormément de la fumée mais avec le cuiseur à vapeur, nous sommes soulagés. Nos grands-parents qui ont connus les époques les plus rudes de l’activité doivent être fiers du PPAAO et de ses partenaires.

 

Odette Hounsounou, de Lokossa

J’ai ouï parler du cuiseur à la radio. J’ai alors voulu profiter de la séance de démonstration à Comè pour en savoir davantage. Je suis sidérée par ce que j’ai découvert. Je croyais que la cuisson ne serait pas uniforme d’un plateau à un autre : erreur. Je souhaite que nous autres productrices de Lokossa ne soyons pas oubliées par le PPAAO-Bénin. 

Elisabeth Montcho, au carrefour Abattoir (Cotonou)

Mon arrivée ici est comme une bénédiction. Les grandes commandes ne me permettent pas d’aller normalement à l’Eglise les dimanches. Parfois, ce sont mes enfants qui me viennent au secours pendant que je m’absente. J’ai aussi recours à des ouvriers pour m’aider, tant la demande est abondante. Malgré cela, mes clients ont commencé à m’abandonner. Que Dieu bénisse ceux qui nous ont apporté ce matériel et que leur imagination soit plus prolifique. 

Karamathou Ali Balogoun (Cotonou)

Moi, je suis promotrice d’un service traiteur. Je pense que le cuiseur va m’aider à mieux assurer mes commandes. 

 

Paul Houssou, chercheur à l’INRAB, innovateur du cuiseur à vapeur d’Ablo

Le PPAAO a appuyé la recherche pour la mise au point de cette technologie et s’investit pour sa diffusion. Actuellement, le coût de fabrication au niveau de notre institut est à cinq cents mille ; mais c’est en inox, acier inoxydable. Et bien entretenu, cet équipement peut durer au moins cinq ans. Les transformatrices qui l’ont expérimenté, surtout celle de Porto-Novo, affirme qu’elle arrive à faire un bénéfice de huit mille par journée de production.

 

Virginie Miguel Assogba, chef projet PPAAO-Bénin

« Nous comptons faire une subvention à ces femmes. Nous sommes sûrs de couvrir entre 20 et 40%. »

Elles sont très contentes de cet équipement et souhaitent l’avoir à un coût qui leur sera accessible. Notre projet, à travers la Banque mondiale, y pense déjà. L’innovation est déjà portée. Mais pour que le coût ne freine pas celles qui veulent vraiment l’avoir, nous comptons faire une subvention à ces femmes. Le montant de la subvention n’est pas encore totalement arrêté. Mais pour le moment, nous sommes sûrs de couvrir entre 20 et 40%.

 

 

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