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Migrations clandestines : l’Europe et l’Afrique face à une cause commune

Migrations clandestines : l’Europe et l’Afrique face à une cause commune

Menacée, l’une, par les hordes de migrants clandestins qui assaillent ses côtes et, interpellée, l’autre, par le nombre sans cesse croissant de tragédies humaines qui se jouent pendant ces traversées de la méditerranée, l’Europe et l’Afrique se décident à mener une politique commune pour juguler l’immigration clandestine. Dix nouvelles actions adoptées par l’Union européenne en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique sont prévues pour cette année.

Noël Kpatindé (L’Autre Quotidien)

2016 ou l’année des grandes manœuvres contre l’immigration clandestine africaine en Europe et les drames qu’elle engendre. La Commission européenne a annoncé, jeudi 14 janvier 2016 dernier, l'adoption de 10 actions au bénéfice de la région du Sahel dans le cadre du 'Fonds Fiduciaire d'urgence pour l'Afrique en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique'. « Ces mesures représentent plus de 100 millions d'euros et font suite au Sommet de la Valette [sur la migration les 11 et 12 novembre 2015 (NDR)]. Elles correspondent à des actions que l'Union européenne et ses partenaires Africains se sont engagés à mettre en œuvre avant la fin de l'année 2016 dans le Plan d'action adopté conjointement lors du Sommet. Après l'établissement du Fonds fiduciaire en un temps record, la Commission européenne et les membres du Comité opérationnel démontrent ainsi leur détermination à répondre immédiatement aux défis des partenaires africains de la région. »,précise la Commission européenne.

 

Urgence d’agir

 

Il était temps que les positions évoluent. A partir du croisement de chiffres de garde-côtes, ceux de l'agence européenne de surveillance des frontières, Frontex, et les témoignages des migrants eux-mêmes, des Ong s'accordent sur le chiffre d'environ 20 000 migrants d’Afrique morts, en tentant de traverser la Méditerranée pour rentrer en Europe entre 1993 et 2013.

Rien qu’en 2007, 630 migrants clandestins se sont noyés ou ont été portés disparus en Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe, selon le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR). 921 immigrants illégaux sont morts la même année en essayant d'atteindre les côtes espagnoles, selon APDH-A, une organisation des droits de l'Homme andalouse. Parmi eux, 732 ont péri au début de leur voyage près de la côte ouest de l'Afrique du Nord et 189 près des côtes espagnoles, selon l'organisation.

Selon encore le HCR, 1500 personnes ont subi le même sort en 2011 lors de leur tentative de traversée de la Méditerranée vers l'Europe et le dimanche 19 avril 2015, « la pire hécatombe jamais vue en Méditerranée », selon Carlotta Sami porte-parole du (HCR), emportait en une seule nuit environ 900 personnes. Une fois de plus, dans les eaux libyennes, des candidats à l'immigration ont vu leur chalutier chavirer.

Cette série de drames auxquels l’opinion publique et la communauté internationale se montrent de plus en plus sensibles traduit d’un autre côté l’ampleur de la migration clandestine en Europe avec les menaces que celle-ci porte en termes d’équilibres démographique, économique, social ; toute chose qui laisse comprendre qu’à partir d’un point critique, les migrants irréguliers emportent avec eux en Europe l’insécurité qu’ils fuyaient en quittant leur pays d’origine, la généralisant ainsi…  

 

Racine et solution au mal

 

Plusieurs études ont souligné que la principale motivation des migrants est la quête de sécurité. Ils fuient l’insécurité liée tantôt au chômage, tantôt aux exactions consécutives au déni des droits humains, tantôt aux catastrophes naturelles et tantôt aux conflits armés. « On ne quitte pas son pays, sa famille, ses amis, sans une raison fondamentale, vitale » explique l’auteur d’une de ces études. « Aucune politique de l’Europe ne peut permettre la maîtrise des flux migratoires entre l’Afrique et l’Europe si elle ne vise d’abord à régler la question de la Sécurité (avec un grand ‘S’) en Afrique.»  souligne-t-il.

De part et d’autre de la Méditerranée, il était attendu depuis un certain temps que l’Union Européenne et les pays d’Afrique concernés par le phénomène engagent des actions fortes en vue de promouvoir et d’assurer la sécurité des cibles concernés dans leurs pays d’origine.

Les actions annoncées par l’UE le 14 janvier (voir encadré) vont pour beaucoup dans cette direction. Elles comprennent un volet régional et un volet local, avec comme résultat attendu, la baisse du flux de la migration irrégulière à court terme et, à  moyen terme, le retour volontaire des migrants clandestins dans leur pays d’origine. L’Europe et l’Afrique ont tout à y gagner. Pourvu que les fonds et les mécanismes mis en place opérationnel, et que la volonté des deux parties sont bien affirmée de part et d’autre, vu l’urgence et l’ampleur du phénomène qui n’avantage personne. 

Encadré

 Actions adoptées au Sommet de la Valette sur la migration

 

 Au niveau régional:

Appui à la coopération régionale des pays du G5 et au Collège Sahélien de sécurité (€7 millions). Ce projet contribuera à renforcer la sécurité dans le Sahel en appuyant la coopération régionale dans le cadre du G5 (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad). Il permettra la poursuite des activités de formation du Collège Sahélien de Sécurité tout en offrant un forum de réflexion commun dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, la grande criminalité et le trafic humain dans la région.

 

Au niveau national:

 

Niger : ces premières actions sont concentrées sur la région de transit la plus importante du pays, Agadez, dans le cadre d'une approche globale associant développement et migration. Cette approche permet de contribuer à une meilleure gestion des flux migratoires qui transitent par la région, en appuyant les autorités locales et en créant des opportunités d'emploi pour la jeunesse. Les deux projets proposés comportent des actions prioritaires dans tous les domaines du plan d'action de La Valette, y inclus celui dédié au retour, à la réadmission et à la réintégration des migrants.

 

Mécanisme de réponse et de ressources pour les Migrants (€7 millions). Ce projet vise à soutenir la réponse du Niger aux flux migratoires complexes qui traversent son territoire, notamment en promouvant le développement économique et social à travers les migrations circulaires. Des alternatives efficaces et durables à la migration irrégulière seront proposées.

 

Projet d'appui au développement et gouvernance locale pour une meilleure gestion des flux migratoires (€25 millions).Ce projet vise à soutenir les collectivités locales face à l’afflux des migrants et ses conséquences. Il contribuera à la mise en place de plusieurs observatoires permettant de capter et d’analyser les conséquences des flux migratoires pour identification et mettre en œuvre les réponses nécessaires aux besoins spécifiques des populations autochtones, des migrants en transit ou de retour, et des réfugiés.

 

Mali :la Commission envisage à la fois de contribuer à la mise en œuvre de l'accord pour la paix et la réconciliation par des actions de résilience au profit des populations les plus vulnérables dans le Nord du Pays et de répondre aux enjeux migratoires dans les zones d'origine par la création d'emploi et d'opportunités économiques. Ces projets correspondent à des activités que l'Union européenne s'est engagée à mettre en œuvre d'ici la fin 2016 dans le Plan d'Action de la Valette.

 

  • Projet d'appui aux accords de paix à travers la résilience et l'accès aux services de bases dans les régions du Nord (€20 millions). Ce projet vise à améliorer les capacités de résilience des populations les plus vulnérables à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au nord du Mali.

 

  • Projet d'appui aux accords de paix à travers la relance économique et l'appui aux Collectivités locales dans le Nord du Mali (€10 millions). Ce projet vise à poursuivre la stabilisation de zones post-conflit ciblées en accompagnant la relance de l’économie locale et l’amélioration des services rendus par les collectivités. Le projet cible 18 communes dans les régions de Gao et Tombouctou.

 

  • Création d'emplois par l’amélioration de la filière de l’anacarde, afin d’atténuer les causes de l’émigration (€13,5 millions). Ce projet vise à augmenter les opportunités économiques et d’emploi des populations des régions de Kayes, Sikasso et Koulikoro, par le biais de l’amélioration de la production, la transformation et la commercialisation de l’anacarde, afin d’atténuer les causes de l’émigration. Il bénéficiera directement et indirectement à près de 80 000 personnes.

 

Sénégal: il est également proposé de financer des actions prioritaires du Plan d'Action de la Valette en apportant un appui à la résilience des populations les plus vulnérables dans les zones de départ (et potentiel retour) des migrants et un appui à la normalisation des conditions de vie des populations directement affectées par le conflit en Casamance.

 

  • Résilience des populations les plus vulnérables face aux crises nutritionnelles et alimentaires dans les zones de départ (€8 millions). Ce projet vise à améliorer la capacité de résilience des populations locales et l’accès aux services de base avec un accent mis sur les plus vulnérables dans les zones de départ de Podor, Ranérou, Matam et Kanel en améliorant les conditions de vie pour prévenir la migration irrégulière. L’intervention a comme bénéficiaires directs estimés une population de plus de 100.000 personnes.

 

  • Projet de renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans la région de Matam, qui est une zone de départ des migrants (€1,1 million). Ce projet vise à renforcer l'accès, la disponibilité et la diversité des aliments en milieu rural dans la région de Matam tout en développant les connaissances et les bonnes pratiques nutritionnelles des populations et des acteurs de la zone.

 

  • Normalisation des conditions de vie des populations directement affectées par le conflit en Casamance (€4,5 millions).Ce projet vise à assurer la couverture des besoins de base des plus vulnérables à travers des activités génératrices de revenus, comme par exemple la diversification et l'amélioration de la production agricole. Il vise également à assurer un accès facile des populations à l'eau propre, un assainissement et une hygiène adéquats, en vue de garantir leur santé.

Une facilité technique de €5 millions sera également proposée pour permettre de réaliser des études pour l'identification, la formulation, le suivi/évaluation et la communication des activités.

 

© Article réalisé par l’Autre Quotidien dans le cadre d’un projet éditorial soutenu par VITA/Afronline (Italie), associant 25 médias indépendants africains.

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