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# Société

Dislocation de la cellule familiale : Andréa, Bella et les autres, la trentaine et pères de famille !

(Dans l’enfer des femmes abandonnées avec enfants)

Bella 30ans, revendeuse à Dantokpa ; Andréa 32ans, technicienne en télécommunication ; Célia 35ans, coiffeuse ; Denise 38 ans, couturière. Ces femmes de milieux sociaux différents ont toutes un trait commun : la trentaine et, par-dessus tout,  mères-célibataires. Et comme  des milliers d’autres femmes béninoises de 25 à 40 ans, elles se retrouvent seules avec leur progénitures, pour diverses raisons. Le phénomène s’amplifie et touche au fondement même de la famille. Radioscopie d’une vie intenable…

Blandine DOKOUI

« On était vraiment amoureux et on voulait fonder une famille. Il est conducteur de zem et moi je vends du citron au marché Dantokpa. Tout allait pour le mieux jusqu’à ce que je ne tombe enceinte de notre second enfant. Il est devenu désagréable envers moi.  Il ne prenait plus soin de moi et de notre enfant, et le bouquet c’est quand il a commencé par découcher et finit par me dire qu’il ne voulait plus de moi » a confié Bella, triste, dégoutée des hommes.

Pour Andréa, la même histoire d’abandon. « J’ai connu le père de mes enfants quand j’étais encore au collège. J’ai été son soutien financier pendant longtemps pour qu’il puisse finir ses études car je viens d’une famille aisée. Après dix ans d’amitié, dont trois de fiançailles, on a décidé de faire des enfants. Quatre  ans plus tard, je lui avais déjà fait deux garçons et nous avons emménagé chez lui. Notre vie de famille aura duré moins d’une année. L’homme que j’avais toujours pris pour le mien avait une autre famille et un autre enfant ». Désabusée.

Célia, elle,  n’accepte toujours pas sa mésaventure. « Le père de mon enfant est un Franco-béninois et j’avais à peine 22 ans, quand je l’ai connu. Il m’a promis de m’épouser et de m’emmener avec lui deux ans plus tard. Mais l’année qui a suivi, il m’a avoué qu’il s’était marié avec une française pour avoir la nationalité. Ses parents m’ont dit que je n’avais rien à craindre. Je l’aimais tellement que cette situation, pourtant compliquée, ne me posait pas de problème. Je pensais pouvoir m’y adapter. J’ai dû attendre mes 30 ans pour lui faire un enfant. Mais une fois que notre garçon est venu au monde, il n’est plus rentré, car sa maman était décédée. Quand j’ai voulu lui faire part de l’irresponsabilité de son comportement qui nuit  à la stabilité familiale de notre enfant et de moi-même, car tout enfant a besoin de la chaleur du papa, même si c’est un instant, il m’a répondu que c’est sa mère qui voulait qu’il me fasse un enfant !  Il ne l’a fait que  pour faire plaisir à sa mère ! En plus, il argumente que je devrais pouvoir nourrir, seule, cet enfant unique  à mon âge ! Un beau salaud !», clame-t-elle en sanglots.

Même les vieux couples ne sont pas épargnés.  Denise en sait quelque chose. « Mon mari a été, et est l’unique homme de ma vie. Je l’ai connu très jeune et nous nous sommes mariés légalement, suivant les rites de l’église catholique. C’était un mari aimant, vivant et travaillant au Nigéria, mais revenant régulièrement à la maison. Après 10 ans de mariage, tout a changé. Il peut mettre une année avant de revenir ! Et une fois revenu à la maison, il est tout le temps ivre et désagréable envers nous. C’est à peine s’il subvient à nos besoins. Quand je me plains, c’est la bagarre. Du coup, malgré que je suis mariée, je dois subvenir seule aux besoins de nos enfants alors que je suis rigoureusement mariée ».Colère, puis résignation.

Des sondages faits, de bouche à oreille, auprès de nombreuses jeunes femmes, montrent que le phénomène des abandons de famille n’est point marginal au Bénin. Il y a aussi des femmes qui quittent en laissant leurs enfants, mais c’est moindre par rapport aux abandons par les hommes. Pour les mères célibataires,  à l’absence du père de famille et de soutien, s’ajoute la difficulté à concilier les tâches de mère-père de famille et le travail.  Difficile aussi de recomposer  la famille,  car  les hommes ont peur de prendre en charge des enfants d’un autre homme. Les difficultés financières  les exposent ainsi à des risques pour leur dignité de femme.

La plupart se demande comment et pourquoi ce rêve du prince charmant, de la tendre enfance, a viré au cauchemar. Certaines se culpabilisent même, pensant avoir mal fait leur choix ou mal agi.  

Du conte de fée au cauchemar

Une vie de couple peut se briser pour plusieurs raisons. Pour cette mère de famille de 70 ans avec 57ans de vie de couple au compteur « le premier facteur du phénomène des “mères célibataires“ est la facilité avec laquelle les jeunes se mettent désormais en couple. De notre temps, quand un homme te fait la cour, tu racontes tout à ta mère ou une de tes tantes, une fois rentrée à la maison. Il revient à tes parents de chercher à savoir si le jeune homme est fréquentable ou pas. Et si tes parents te disent que cet homme n’est pas pour toi, tu ne discutes même pas. Tu fais juste savoir, et gentiment, à l’homme que tu ne peux pas accepter ses avances. De même si ce sont tes parents qui te trouvent un mari, tu ne discutes pas leur choix. Avec l’arrivée de l’école qui est une bonne chose, les Blancs ont appelé ce type de fonctionnement “le mariage forcé“ et qu’on doit laisser les jeunes filles choisir leurs hommes et voilà le résultat ! Une fille rencontre un homme et sans même le présenter à ses parents a déjà couché  avec lui ou c’est l’homme qui dit qu’il ne peut acheter la marchandise sans avoir jugé de sa qualité. Le jeune homme a la liberté de faire ce qu’il veut ; sa morphologie le lui permet,  mais la femme non. Elle doit se préserver des relations qui n’aboutiront à rien et c’est pour cela qu’elle doit associer ses parents».

Papa Roger, gendarme à la retraite, associe lui le phénomène des “mères célibataires“ à une mauvaise éducation des jeunes. « Les femmes intellectuelles auraient été les seules concernées que je dirai que la faute est à la scolarisation. La légèreté des femmes est à condamner dans cette histoire, mais n’oublions pas qu’il faut être deux pour faire un enfant. De plus en plus, nos jeunes gens optent pour la facilité. Ils ne veulent pas se marier mais veulent se faire appeler papa. Ils sont amoureux tant qu’il n’y pas de problème mais aussitôt que la femme tombent enceinte et que des difficultés surgissent, ils détalent en abandonnant la jeune fille à son sort. C’est triste mais c’est ainsi. Il y a un autre facteur à prendre en compte, c’est l’instrumentalisation de la dot. Jadis, la dot était symbolique et représentait un engagement. Mais de nos jours, si tu n’es pas riche, tu ne peux doter une femme même si tu en as la volonté. Du coup les jeunes se disent mettons-nous ensemble et après on verra. Alors, au moment de se séparer, l’homme ne réfléchit pas par deux fois. Il s’en va simplement parce que personne ne savait qu’il était là. Si nous voulons que le phénomène recule, nous  devons rééduquer nos enfants, fille comme garçon ».

Tout est dit. La société moderne, particulièrement la société africaine et béninoise, où ce phénomène est à associer à une grave perte des valeurs, doit s’y attaquer à la racine.

 

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