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Planification familiale en Afrique de l’Ouest Francophone : le Partenariat de Ouagadougou, un pacte réussi pour l’évolution de la Pf

Planification familiale en Afrique de l’Ouest Francophone : le Partenariat de Ouagadougou, un pacte réussi pour l’évolution de la Pf

Accusant un grand retard par rapport aux autres régions de l’Afrique dans le domaine de la planification familiale, les pays de l’Afrique de l’Ouest francophone réalisent des progrès ces dernières années, notamment depuis la création du Partenariat de Ouagadougou. Bien que de nombreux défis existent encore, des résultats obtenus ont amené Melinda Gates, co-présidente  de la « Fondation Bill et Melinda Gates », a estimé que le Partenariat de Ouagadougou est une opportunité fantastique pour l’accélération des progrès de la planification familiale dans ses pays.

Béatrice KOUMENOUGBO

« Le Partenariat de Ouagadougou est une opportunité fantastique dont l’objectif est de permettre à un million de femmes d’avoir accès à des moyens de contraception, et cet objectif a été largement atteint avec deux-cent mille femmes de plus que prévu » a indiqué Melinda Gates lors de son interview accordée à Radio France inter (Rfi) et diffusée sur l’émission « Priorité santé ». Lancé lors de la Conférence Régionale sur la Population, le Développement et la Planification Familiale tenue à Ouagadougou au Burkina Faso en février 2011 par les 9 gouvernements des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires techniques et financiers pour accélérer les progrès, le Partenariat de Ouagadougou s’est fixé un objectif principal. Celui d’atteindre au moins un million de nouvelles utilisatrices de méthodes de planification familiale dans les neuf pays concernés (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo) d’ici 2015. Selon Fatimata Sy, directrice de l’Unité de coordination du Po, à l’occasion de la consultation régionale des Osc/pf sur le repositionnement de la Pf en juin 2015, les pays francophones accusent un grand retard par rapport aux pays anglophones et lusophones en matière de planification familiale, le mouvement Po est donc né pour permettre de rattraper ce retard en mutualisant les efforts, de même qu’en mobilisant des financements en faveur de l’Afrique de l’Ouest francophone. Moins de quatre ans après, l’objectif est entrain d’être largement atteint. En effet, la mise en place du partenariat de Ouagadougou, a permis de déclencher des actions majeures comme l’élaboration d’un plan d’action  budgétisé pour la relance de la Pf dans l’espace Po et l’organisation des organisations de la société civile intervenant dans le domaine de la planification familiale en coalitions nationales ensuite en coalitions régionales pour mieux impacter le repositionnement de la Pf dans les pays membres du Partenariat de Ouagadougou. Dans la plupart des pays, il est noté une évolution, même si des efforts restent à faire pour un réel repositionnement de la Pf.

L’évolution de la Pf dans les pays du Po

Dans les neuf pays du partenariat de Ouagadougou, des avancées ont été remarquées ces dernières années. Ainsi, au Sénégal, le taux de prévalence contraceptive est passé de 16% à 20%  de 2013 à 2014. Pour atteindre ce résultat, le Sénégal a élaboré beaucoup de projets et programmes, puis la société civile a joué un rôle important pour l’atteinte de ce taux a confié, le Secrétaire général de la coalition  des organisations de la société civile pour la planification familiale au Sénégal, Maguette Thiandioume, dans un entretien au cours de la consultation des Osc/Pf à Ougadougou.  

De ses explications, il ressort que pour parvenir à ce résultat, il a fallu impliquer les religieux eux-mêmes pour développer des programmes adaptés en vue de faciliter la compréhension et l’acceptation de la population. Le réseau « Islam population » a même développé un argumentaire qui a permis de communiquer autour de la planification familiale a-t-il précisé. La disponibilité des produits contraceptifs dans les zones les plus reculées est également un point positif qui a favorisé ces résultats. Le Partenariat de Ouagadougou a eu un effet catalyseur  dans la réalisation de ces résultats selon les déclarations de Maguette Thiandioume, « Le Partenariat de Ouagadougou a permis de faciliter notre intervention en termes de plaidoyer, de communication et de respect des engagements de l’Etat vis-à-vis de l’achat de produits contraceptifs » a-t-il relevé.

En Côte d’ivoire, selon le point focal adjoint, depuis l’élaboration du plan d’action sur la relance de la planification familiale et la révision de ce plan en 2015,  plusieurs réunions se sont tenues. Le Partenariat de Ouagadougou a permis d’intensifier les actions pour le repositionnement de la Pf  dans un pays où le taux de mortalité maternelle et infantile est élevé.

En Guinée, selon le point focal adjoint de la coalition, Bintou Bambourou, la dernière Eds a montré que le taux de prévalence est de 7% et les projections visent 14% en 2015. Elle a ajouté qu’il y a depuis la création du Po, une implication de la société civile. Ce qui a permis des actions plus appropriées. Ainsi, pour les jeunes filles qui avaient peur de se rendre dans les centres parce qu’elles pourraient rencontrer un parent qui les reconnaîtrait, des stratégies ont été mises en place pour un service de proximité. Il y a les distributions à base communautaire des préservatifs et la formation des agents communautaires a-t-elle mentionné. Les expériences ne sont pas pareilles d’un pays à l’autre. En Mauritanie, en raison des considérations religieuses et culturelles, on ne parle pas de planification familiale ni de limitation mais d’espacement de naissances.

Et puis, seules les femmes mariées ont accès à l’adoption des méthodes contraceptives a confié M’Diom  Dieynaba,  jeune ambassadrice Pf en Mauritanie. Le taux de prévalence contraceptive était estimé à 10% en 2011. Avec le Partenariat de Ouagadougou, le gouvernement a revu son plan d’action et les organisations de la société civile travaillent en synergie a-t-elle affirmé. Ainsi, dans les neuf pays du Partenariat de Ouagadougou, des progrès ont été enregistrés même si des défis majeurs restent à relever. Les plus cités sont la nécessité d’un engagement politique fort, l’amélioration de l’accès à l’information dans les zones reculées, des stratégies pour l’implication des hommes dans la planification familiale, l’augmentation du nombre de partenaires finançant la planification familiale dans les pays. Mais tout en s’inscrivant dans l’accompagnement des pays pour l’atteinte de ces, le Partenariat établi entre les neuf pays francophones de l’Afrique de l’Ouest a eu un effet phénoménal.

En effet, elle a permis comme le souligne Melinda Gates dans son interview, aux pays d’apprendre les uns des autres, ce qui a favorisé l’accélération des progrès. Interviewé dans le cadre du partenariat Fp2020 dont l’objectif est d’atteindre 120 millions de femmes utilisatrices de contraceptifs modernes à l’horizon 2020, elle a déclaré que des modèles comme celui du Partenariat de Ouagadougou devraient naître un peu partout dans le monde pour permettre une accélération des progrès.

  

 

 

 

 

 

 

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