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Lionel Zinsou a cœur ouvert sur RFI : « … A l’appel, je ne déroberai pas… »

Lionel Zinsou a cœur ouvert sur RFI : « … A l’appel, je ne déroberai pas… »

L'INTERVIEW RFI EN INTÉGRALITÉ

Il ne s'est pas beaucoup exprimé depuis sa défaite à la présidentielle du Bénin, en mars dernier, face à Patrice Talon. Aujourd'hui, Lionel Zinsou revient à son premier métier, celui de banquier d'affaires, et prépare le forum du club Africafrance, les 22 et 23 septembre prochains à Paris. Est-il définitivement vacciné contre la politique ? L'ancien Premier ministre du Bénin est l'invité de RFI.

Christophe Boisbouvier : En dix ans la France a perdu la moitié de ses parts de marché en Afrique d’où le SOS de 2013 et la création notamment d’Africa-France. Est-ce que la dégringolade continue ?

Lionel Zinsou : D’abord, je ne dirais pas dégringolade parce que le paradoxe, c’est que tout ça s’est fait dans une ambiance de croissance. Simplement, les exportations de la France vers l’Afrique croissent moins vite que celles de la Chine, de la Turquie, de l’Inde, de la Malaisie, du Brésil, etc. Et c’est pour ça que ce n’est pas ressenti comme aussi dangereux que ça devrait l’être puisque c’est quand même une forme de mort douce puisque vous continuez à croître doucement. Vous ne vous apercevez pas que le reste du monde va beaucoup plus vite. Je pense c’est quelque chose dont la prise de conscience est très nette aujourd’hui chez beaucoup de chefs d’entreprises en France, contre ce que vous avez appelé une dégringolade, en tout cas qui est quand même un syndrome préoccupant. Si la France et l’Europe – parce qu’on dit France, mais c’est toute l’Europe qui est concernée – veulent rester attractives, il faut qu’elles envisagent une relation complètement différente avec l’une des parties les plus croissantes au monde qui s’appelle l’Afrique.

C.B : Mais alors Africa-France c’est quoi ? C’est un syndrome de faillite ?

L.Z : Pas du tout ! Africa-France, c’est avec un peu de retard ce que les Allemands ont fait notamment en Asie : s’organiser pour que les entreprises aient directement des contacts avec des entreprises sur le terrain. Et donc Africa-France, c’est en fait la fondation qui n’est pas celle des gouvernements, mais celle des entreprises, celle des agents décentralisés qui pensent que c’est entre eux qu’ils peuvent avoir des collaborations gagnantes. Et quand ils font une conférence, comme on va en avoir une à Paris dans la troisième semaine de septembre…

C.B : Les 22 et 23 septembre…

L.Z : Voilà, on aura 500 entreprises, des collectivités locales réunies, de nombreux contacts directs, et toutes les idées qui seront jugées neuves, seront présentées à la conférence des chefs d’Etat qui se réunissent à Bamako en janvier.

C.B : A la prochaine Afrique-France…

L.Z : Et sur ces sujets-là il faut écouter les entreprises.

C.B : Lionel Zinsou, pendant un an vous avez dirigé le gouvernement béninois. Vous avez donc pu évaluer sur le terrain les performances des entreprises françaises. En quoi sont-elles moins compétitives que leurs concurrentes ?

L.Z : Encore une fois, il ne faut pas exagérer. Il reste d’abord que l’Afrique est un continent rentable et que les entreprises françaises sont très peu nombreuses à le savoir. Je veux dire que quand on dit aujourd’hui que l’Afrique est le continent le plus rentable, en s’appuyant sur des études on surprend encore ! Donc vous avez une grande différence entre ceux qui y sont et ceux qui n’y sont pas. Ceux qui n’y sont pas ont une surestimation des risques et hésitent à venir. Les entreprises françaises sont plus timides que les entreprises chinoises, brésiliennes ou turques, pour prendre des risques. L’Afrique elle surestime les risques. Il faut qu’on évangélise un grand nombre d’entreprises à comprendre que l’Afrique est beaucoup moins risquée que ce qu’elles pensent et qu’elles ont localement des partenaires. Mais le nombre de joint-ventures (accord passé entre deux entreprises) est le dixième de ce qu’il faudrait. Donc il faut qu’on apprenne à s’apprivoiser.

C.B : Donc vous nous dites que beaucoup d’entreprises françaises sont frileuses sur le marché africain. Est-ce qu’il vous est arrivé de voir que sur un appel d’offres lancé par l’Etat béninois il y avait plein d’entreprises du monde entier, sauf des entreprises françaises ?

L.Z : Oui, d’ailleurs ça avait été dit exactement comme ça par le président Ouattara à un moment où nous avons créé il y a maintenant un an et demi Africa-France. Il avait dit : nous qui voulons accueillir des entreprises françaises, nous constatons qu’il y en a de moins en moins dans les appels d’offres. Donc c’est quelque chose qu’il faut à mon avis vraiment enrayer parce que les entreprises européennes ont toute leur chance, notamment parce qu’elles ont intégré un peu plus facilement que d’autres des éléments de responsabilité sociale. L’idée d’utiliser de la main-d’œuvre pénitentiaire, de ne pas utiliser la main-d’œuvre locale, de faire venir toutes les consommations intermédiaires des chantiers d’ailleurs, et du coup d’être complètement étranger au tissu local, à la création de richesse et d’emploi, est une idée qui n’existe pas pour des entreprises européennes. C’est contre leur valeur.

C.B : Et là, vous parlez des entreprises chinoises. Les premières réformes économiques du nouveau président béninois, vous en pensez quoi ?

L.Z : Ce que je sais et que j’approuve c’est qu’il y a six grandes priorités qui seront la feuille de route économique. C’est en cours d’élaboration. Ce que j’en connais me paraît plutôt positif. Et nous pouvons avoir des divergences politiques, nous pouvons avoir des divergences institutionnelles, mais nous devons faire union sacrée sur ce qui concerne le développement. C’est-à-dire que la parole du gouvernement doit être la parole qui engage l’Etat. On ne doit pas se dire que dans quatre ans et demi tout sera remis en chantier. Ce n’est pas possible.

C.B : Au référendum constitutionnel pour la suppression du deuxième mandat du président vous voterez oui ou non ?

L.Z : Je ne connais pas le texte. Ce sont des idées qu’on entend un peu partout sur la planète. Si vous suivez les élections en France, vous verrez que dans les candidats aux primaires, il y a un nombre très important à droite, très important à gauche qui sont pour des septennats uniques. Donc ce sont des idées qui existent et donc ça ne me paraît pas une idée insolite. C’est une idée un peu originale, mais pas forcément insolite. Mais je ne connais pas le texte.

C.B : Lionel Zinsou, l’échec au second tour de la présidentielle ça n’a pas été facile à vivre pour vous tellement vous vous étiez donné pour cette élection. Est-ce que vous vous dites que la politique c’est fini ou est-ce qu’au contraire, vous reviendrez à la prochaine présidentielle béninoise ?

L.Z : Pour l’instant, je vais faire mon métier de banquier d’affaires. Je crois énormément à la vie associative. Donc je vais m’occuper d’Africa-France, de la Fondation Zinsou au Bénin et d’autres activités. Et puis on verra bien. Je ne pense pas que la politique soit un métier. Mais quand on est sollicité pour faire de la politique je ne pense pas qu’on puisse se dérober non plus. Donc ma réponse c’est que je ne me déroberai pas, je ne veux pas en faire mon métier. La politique politicienne on y va quand elle vous appelle. Mais quand elle ne vous appelle pas, on a beaucoup de choses utiles à faire.

 

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